AVANT – PROPOS
Ce manifeste s'adresse à tous les militants
et sympathisants de la Jeunesse Unie pour une Nouvelle Afrique
(JUNA). Il a été conçu pour servir de référence
à tous les militants dans leur lutte quotidienne pour l'avènement
d'une nouvelle Afrique. Ce document s'adresse aussi aux partenaires
de l'association qui aimeraient mieux la soutenir sur la base
de ses courants idéologiques et de ses textes statutaires.
Il est grand temps que l'Afrique annonce les
couleurs d'une jeunesse de plus en plus éperonnée
par l'idéologie panafricaniste et expose à la face
du monde entier ses aspirations et ses aspirations pour le mieux
être de ses populations.
C'est à cette fin que des étudiants
et élèves de diverses nationalités se sont
réunis à l'université de Ouagadougou et ont
rédigé ce présent Manifeste.
Quant aux défauts que le lecteur ne manquera
de trouver et les suggestions qu'il voudra bien nous communiquer,
la JUNA aura le plaisir d'en tenir compte dans la prochaine version
du Manifeste
Youmani Jérôme
LANKOANDE
A - UN MONDE EN PLEINE MUTATION
Le Premier novembre 1989 marque dans l'histoire
contemporaine, la chute du mur de Berlin, symbole, jadis vivant
d'un monde divisé en deux blocs antagonistes. Cet événement
consacre la fin d'une époque jalonnée de conflits
et de crises multiformes, ayant opposé les deux grandes
puissances qu'étaient les Etats-Unis d'une part et l'Union
Soviétique d'autre part. Pourtant, si cette date se révèle
comme étant la fin d'une période trouble avec la
cessation de la guerre froide, elle inaugure du même coup
le début d'un avenir plus incertain pour l'ensemble de
la planète. Car les confrontations entre les deux super-puissances,
mêmes néfastes, avaient fini par instaurer entre
elles, une sorte de paix des braves voire un équilibre
dans la gestion des affaires planétaires. Cependant, l'effondrement
de l'Union Soviétique laisse désormais les Etats-Unis
seuls décideurs des questions internationales. C'est ainsi,
qu'à la culture de l'international communisme se substitue
celle de l'international capitalisme.
De ce fait, la démocratie libérale
se trouve promue comme système de gouvernance idéal
à l'échelle du monde. En témoigne pour l'Afrique
le sommet franco-africain de la Baule en 1990, où l'ouverture
démocratique a été posée aux responsables
africains, comme critère essentiel de l'aide au développement.
Désormais, la suprématie américaine s'étale
de tout son long. Elle se manifeste à travers une nouvelle
forme d'impérialisme, un appétit démesuré
de la domination du monde sur tous les plans. Pour toute explication,
le rêve suranné de gouvernance mondiale à
l'américaine n'est pas totalement à occulter. Alors,
il n'en fallait pas plus pour entraîner le globe dans une
mutation profonde, dans tous les domaines.
Sur le plan économique, la création
de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1995 avec le projet
de dérégulation de l'économie mondiale entraîne
la naissance des concepts de mondialisation et de globalisation.
De là, l'économie planétaire se trouve à
la Merci des multinationales occidentales dont la plupart sont
basées aux Etats-Unis. Cette nouvelle donne commerciale
accroît la prospérité des nations riches et
maintien du même coup les pays en voie de développement
dans un processus d'arriération sans nom. La plupart des
pays africains sont soumis à un Programme d'Ajustement
Structurel (PAS) qui leur a été infligé par
le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale.
De même, au niveau individuel, l'écart entre riche
et pauvre se fait abyssal. Ces changements constatés sur
le plan économique ne pouvaient que déteindre nécessairement
sur les autres secteurs de la vie sociale.
Au niveau culturel, la culture américaine
fait figure de privilégiée et se repend rapidement
sur toute la planète. Les principaux outils de cette culture
à propension mondiale sont essentiellement les films hollywoodiens
qui occupent 70 % des écrans du monde. Il y a aussi les
maisons de disques et autres magasins de création de la
mode qui utilisent le canal des médias pour vulgariser
leurs nouvelles trouvailles. Aujourd'hui à n'importe quel
endroit du monde, le " américan way of life "
tend à devenir une norme standard. Par conséquent,
le culte de " l'argent dieu " a fini par bouleverser
les anciennes attitudes. Où que l'on soit actuellement,
seuls les intérêts font et défont les rapports
interpersonnels. L'expansion de la corruption s'explique en partie
par cette capitalisation du monde. En somme, la culture capitaliste
de la recherche du profit maximum a aujourd'hui conquis tous les
esprits.
Pour ce qui est de l'environnement, il présente
un bilan alarmant. La planète terre est actuellement sujette
à la pollution qui a des effets néfastes sur la
couche d'ozone. Cette destruction de l'ozone atmosphérique
a pour conséquence immédiate l'effet de serre qui
menace de plus belle la terre de réchauffement. Ce réchauffement
a pour corollaire la multiplicité des catastrophes naturelles
qui produisent des sinistres de part le monde.
Dans ce monde qui court inéluctablement
à sa perte, il convient plus que jamais d'aider l'homme
à retrouver ce qu'il a perdu de plus cher : l'humanité
. C'est aussi, cela réconcilier l'humanité d'avec
elle-même. La réussite de cette entreprise passe
par une culture de la tolérance, du partage et une réhabilitation
de l'individu victime de lui-même.
B - UN MONDE DES MEDIAS.
De nos jours, les médias sont devenus
une force incontournable. Ce pouvoir qui leur était longtemps
reconnu tend à s'intensifier de plus en plus. Cela se perçoit
à travers l'émergence des Nouvelles Technologies
de l'Information et de la Communication (NTIC). L'usage de ces
outils de pointe en matière d'échange d'informations
dans le monde, achève la construction, du " village
planétaire ", une prévision taxée au
départ de chimérique. Grâce à ces innovations
technologiques, les distances et les temps mis pour les parcourir
sont raccourcis. Ainsi, naît une nouvelle approche, un nouveau
rapport de l'homme d'avec le concept d'espace - temps. Cet état
de fait ne pouvait que conférer aux moyens de diffusion
intensive d'informations, un prestige inébranlable. Illuminé
par les exploits de ce pouvoir incommensurable des médias,
certains exégètes de la communication n'hésitent
plus à bouleverser la hiérarchie des pouvoirs établit,
par la classique philosophie politique. L'emprise des médias
est telle qu'aujourd'hui, on parle d'une société
des médias, d'un environnement ou règne la "
médiacratie ". François Henri De Virieu a essayé
de révéler, cette propension au pouvoir absolu des
médias dans une œuvre qu'il a du reste intitulé
: " la médiacratie ". Comme toute nouveauté,
ce pouvoir accru des moyens de diffusion intensive d'information
ne pouvait passer inaperçue. Il est le reflet d'une évolution
tant positive que négative de la société.
En effet, la révolution médiatique apporte une série
de valeurs et de contre-valeurs. Avec elle, le milieu social connaît
une transformation dans toutes ses composantes. Ainsi, l'instantanéité,
l'exclusivité et la recherche effrénée du
scoop qui sont des vertus, propres aux médias modernes,
ont achevé de bâtir une société du
sensationnel. Plus rien ne vaut plus que ce qui est spectaculaire,
ce qui dévoile la face cachée de l'intimité
au grand jour. En guise d'exemple, il faut citer la floraison
dans les chaînes occidentales de la télé réalité,
à travers des émissions comme " Loft story
" et autres incitations à " l'orgasme cosmique
".
Cette recrudescence du prestige des médias
nous l'avons déjà souligné, tend à
leur décerner un pouvoir difficile à appréhender
de par son ampleur. La manifestation réelle des conséquences
négatives de cette révolution médiatique
est que de toute son histoire, le monde n'a été
aussi inondé de mensonges et de subterfuges de tout acabit.
Cela s'explique par la médiatisation excessive des évènements,
ce qui donne à la vérité un sens jusque là
insoupçonné. Désormais, est vrai, ce qui
se donne à voir, ce qui est connu officiellement. Toute
chose qui existe en dehors de cette logique ne compte pas. On
peut ainsi tout se permettre, à condition de pouvoir tout
dissimuler, par une vérité officielle. L'exemple,
des nations qui condamnent en grande pompe les actes privatifs
de libertés et de droits, et qui sont les premières
à soutenir en sourdine l'implantation des régimes
dictatoriaux est révélateur, d'un certain état
d'esprit.
Du côté de l'Afrique, le mal est
encore plus pernicieux, car le continent se retrouve encore au
début du troisième millénaire à jouer
les quartiers périphériques du Nouvel Ordre Mondial
de l'Information et de la Communication (NOMIC) (2). Cette révolution
remarquable fini de confirmer l'exclusion du continent africain
et sa mise en quarantaine. Ne possédant pas les moyens
de mener à bien une réelle politique d'information,
l'Afrique est submergée par les nouvelles provenant des
chaînes du Nord . Toute chose qui n'est pas de nature à
favoriser un réel épanouissement du continent. Il
est pour cela lancé dans un processus de domination culturelle,
aux issues incertaines. Cette domination culturelle par le biais
des médias n'est qu'un des volets explicatifs de l'arriération
de cette terre africaine jadis prospère. Cette arriération
dont sont victimes les Africains leur impose le devoir de plancher
sur l'avenir d'un autre monde qu'il convient d'appeler l' Afrique.
C - UN AUTRE MONDE : l'AFRIQUE.
Dans cet univers emballé dans un processus
de mutations sans pareil, l'Afrique donne l'impression de faire
du sur place. Ce constat fait du continent africain se confirme
à travers le pesant retard par lequel il brille ces dernières
années. En somme, le continent s'identifie de plus en plus,
par un cuisant retard dans beaucoup de domaines.
Les explications de ce marasme africain sont
à rechercher plus loin que le simple d'esprit ne le croit.
D'une part, le passé tumultueux de cette terre prospère
à ses instants, n'est pas à ignorer. En vérité,
aux antipodes du contact avec l'occident, le continent noir connaissait
une prospérité incommensurable qui a marqué
plus d'un voyageur. Les récits des historiens arabes que
sont Ibn Kaldoun et Ibn Battuta sont révélateurs
de cette époque. Aussi, la présence d'entités
politiques puissantes superbement riches et régies suivant
des règles de gouvernance structurelles avait été
signalée. En guise d'illustration on peut citer : l'empire
Sonraï , l'empire Manding sous Kankan Moussa , les royaumes
Mossi de Ouagadougou et l'empire du Ghana sous Kaya Magan CISSE.
Par contre, sitôt l'amorce des rapports avec l'occident,
l'étoile du continent africain cessera de pâlir.
L'Afrique sera ainsi soumise à des atrocités divers
dont : la traite négrière, la colonisation et leurs
cortèges de maux. Une appréhension historique des
évènements nous signale que le moyen âge européen
prend fin au XVème siècle avec la découverte
de l'Amérique ; C'est aussi en ce moment précis
que commence celui de l'Afrique dont l'âge des métaux
et plus particulièrement du fer est antérieur à
celui de beaucoup de peuples européens. Tout s'est donc
passé comme si en voulant sortir de sa misère, l'Europe
s'est faite malignement remplacer par l'Afrique, en lui déchargeant
son fardeau sur le dos. La conséquence logique de ce tour
de crabe européen est que l'Afrique qui a civilisé
le monde, est aujourd'hui le refuge des damnés de la terre
(Frantz Fanon). L'avenir pourrait être envisagé sous
de meilleurs auspices, si la nuisance du néocolonialisme
ne se manifestait pas avec perversité. En vérité,
l'Afrique actuelle est le théâtre d'une multitude
de combats fratricides, dont elle ignore les tenants et les aboutissants
réels. Ces conflits pour la plupart inspirés de
l'extérieur, portent la marque des mains expertes qui ont
décidé de bâtir leur fortune sur la désunion
des Africains. Divers mécanismes de développement
concoctés par ces dernières s'avèrent être
des méthodes savantes d'expropriation ou de domination.
Ces manifestations du néocolonialisme se perçoivent
surtout à travers les rapports de coopération. La
sociologie du développement a pu répertorier les
éléments essentiels de cette relation de dominants
à dominés dans un registre appelé : la théorie
de la domination. Celle-ci s'exprime dans le commerce . Les pays
africains produisent à grand renfort des matières
premières dont les prix sont fixés par les marchés
du Nord. Cette domination se manifeste également dans le
domaine financier dans lequel, les économies dominants
jouent un rôle déterminant dans la stabilité
des monnaies africaines. Nous avons pour preuve l'exemple du Franc
CFA dont la parité dépend de Paris. S'ajoutent à
ces dernières, la domination par les revenues et celle
culturelle. Une telle situation d'ensemble apporte une réponse
méritée au désastreux bilan général
que présente le continent.
Sur le plan économique, les pays africains
présentent pour la plupart une balance commerciale déficitaire.
Les exportations commerciales de ces derniers se limitent aux
matières premières qui sont transformées
par les industries du Nord et revendues aux africains. L'explication
la plus plausible de cette réalité économique
est que l'Afrique connaît une industrialisation encore embryonnaire.
Pourtant, avec les crises diverses qui touchent le continent,
cette industrie semble perdre tout espoir d'émergence.
Cela se remarque par la fermeture un peu partout des unités
industrielles qui déversent dans la rue des cohortes de
salariés. Ce calamiteux bilan économique influence
inévitablement celui social. Le mal être économique
que connaît l'Afrique a pour conséquence directe,
un mal être social. On peut la pressentir à travers
la recrudescence des maux sociaux dont les plus manifestes sont
: le banditisme, la criminalité, la prostitution, la drogue,
l'alcoolisme... Ainsi, il n'existe plus de temps pour la réflexion
et la quête des idées constructives. Le besoin aidant,
chacun s'occupe de la recherche de sa pitance quotidienne. D'autre
part, un rapide diagnostic au niveau sanitaire, montre un continent
en proie aux épidémies et endémies meurtrières.
En ce début du troisième millénaire, le fulgurant
progrès constaté dans les sciences médicales
reste étrange à l'Afrique. En effet, le choléra,
la méningite, le paludisme et d'autres maladies continuent
de compter leurs victimes par millions. Sur un total de trente
quatre millions de séropositifs dans le monde, l'Afrique
s'en sort à elle seule avec près de vingt trois
millions. Aussi, la malnutrition et la difficulté d'accès
à l'eau potable pour la majeure partie des populations,
sont à placer à l'affiche de ce malheureux tableau
sanitaire. En outre, l'Afrique possède un environnement
qui, à l'instar de celui mondial, se dégrade de
plus en plus. Cette dégradation environnementale est facilitée
par les mauvaises actions des africains eux mêmes. A titre
d'illustrations, on constate une coupe abusive des bois destinés,
soit au chauffage domestique, soit à l'usage industriel.
Le fléau de la désertification est l'inconvénient
majeur de ces actions humaines sur l'environnement. En plus de
cela, la pollution est devenue aujourd'hui une réalité
en Afrique. Celle-ci émane essentiellement des nouvelles
habitudes de consommation. N'ayant pas les moyens de se procurer
des produits de luxe, le continent est devenu au fil du temps
un dépotoir pour les produits usés du Nord (véhicules
d'occasion, réfrigérateurs...). Mis à part
ce fait, l'Afrique sert parfois de poubelles aux industries occidentales
moyennant de l'argent.
Politiquement, l'Afrique ploie encore sous la
lourde charge de son passé colonial. Ce dernier a contribué
à ériger entre les peuples historiquement liés
, des barrières artificielles créant ainsi , une
cinquantaine d'états aux intérêts divergents.
Cet état de fait a instauré une sorte d'exclusion
mutuelle qui annihile tout effort de développement solidaire.
Cette absence de synergie dès le départ a porté
un grand coup à l'évolution du continent, depuis
les indépendances nominales des années 60. Le contraire
pourrait être envisagé, si le processus de cissiparisation
ne continuait pas de plus belle. La preuve marquante de ce malheur
africain est la multiplication des foyers de tensions. En ces
moments, l'Afrique est animée par des conflits politiques
et des guerres civiles multiples. Au nombre de ces conflits on
peut citer l'embrasement général de la région
des grands lacs, depuis la chute du régime Mobutu. A cela,
il faut ajouter le conflit angolais qui dure plus d'un quart de
siècle, sans oublier les guerres algériennes, sierra-léonaises
et libériennes. Malgré l'enracinement du système
de gouvernance démocratique dans la plupart des pays du
continent, à la suite du sommet de la Baule, les dictatures
ont encore la vie dure. Dans certaines localités, toute
idée d'alternance semble être compromise. Cela, parce
qu'il existe encore des individus qui se positionnent en messie
pour leur pays.
D'une manière générale,
le continent africain est aculé de toute part par des maux
qui freinent son épanouissement véritable. Dans
une telle situation d'ensemble, il n'y a que la solidarité
qui vaille. Cette dernière devra s'exprimer à travers
la naissance d'une union sincère qui se manifestera par
un désir profond de mise en commun des forces disparates
de l'Afrique. Sinon, le futur devenir du continent serait difficilement
envisageable.
B - L'UNION AFRICAINE: l'impérieuse
nécessité pour sauver l'Africain
Comme nous l'avons précédemment
souligné, une approche événementielle de
l'histoire, nous permet de soutenir que l'Afrique n'a pas encore
quittée le moyen âge. Cette période de l'histoire
européenne se particularise par son caractère miséreux.
Elle s'illustre comme l'étape la plus sombre de l'histoire
européenne. Au regard de la situation apocalyptique dans
laquelle baigne l'Afrique, la nécessité d'une renaissance
se fait plus que jamais sentir. Dans un contexte mondial marqué
par la globalisation, la réussite de cette entreprise passe
inévitablement par une mise en commun de différentes
forces africaines. Cette synergie devra s'opérer sans réserve
et sur initiative de tout africain consciencieux et soucieux de
son propre devenir. La situation présente de l'Afrique
lui laisse une seule alternative : opposer une résistance
de taille aux maux qui la menacent.
La constitution de cette force n'est possible
qu'à travers une union des différents pays du continent.
C'est p quoi la réactualisation du projet de l'union africaine
devra être considéré comme un acte salvateur.
En fait ce vieux projet qui a existé depuis la création
de l'O.U.A. a été redynamisé le 9 septembre
1999 au sommet de Syrte en Libye, sous l'égide du colonel
Muammar Kadafi. Si 40 ans après les indépendances,
l'Afrique éprouve le besoin de s'unir c'est dire que l'expérience
des évolutions solitaires n'a pas payé. En vérité
la concrétisation du projet de l'union marquera le début
d'une nouvelle ère pour l'Afrique que les Africains recherchent
en ce moment par tous les moyens. Car une Afrique unie sous-entend
une Afrique libérée de la misère et de ses
multiples malaises. Aussi la réalisation de ce projet donnera
de voir la naissance d'une entité très forte dans
nombre de domaines. Ainsi commencera pour l'Afrique une réelle
prospérité sur les plans politique, économique,
social… L'Afrique pourra davantage affirmer son existence,
en se positionnant comme un acteur incontournable dans les relations
internationales. En somme, l'unité se révèle
être la véritable panacée aux divers maux
qui minent le continent. La réussite de cette entreprise
d'envergure, nous l'avons déjà relevé, demande
de la part de tout Africain un engagement citoyen. Pour cela les
promoteurs de l'union ne doivent pas se laisser décourager
dans leur élan par les thèses du scepticisme qui
constituent un facteur entravant à l'atteinte de leurs
objectifs. En effet si tôt le projet de l'union africaine
rendu public, les chantres du scepticisme se sont diligemment
investis avec toute la science qui est de leur ressort, à
relever les obstacles qui peuvent l'entraver. C'est ainsi que
plusieurs hypothèses ont été exposées,
allant de la personnalité de ses artisans au caractère
idéaliste, voir utopique du projet. Il nous revient dans
ce manifeste de lever toute équivoque sur cette question.
Comme nous le disions tantôt, au lieu de mesurer la pertinence
de l'idée émise, on s'est attardé à
fouiner sur la crédibilité de ses émetteurs.
Au terme de ces analyses particulières, l'idée connu
la même méfiance que celle développée
à l'encontre de ses géniteurs. Cette attitude serait
assimilable à la réaction d'un enfant qui s'occupe
de regarder le doigt qui lui indique en lieu et place de l'objet
indiqué. Admettre une idée ou la rejeter en ayant
comme seul argument l'image de ses géniteurs, c'est faire
preuve d'une inculture congénitale. Ce débat sur
l'union africaine doit cesser d'être une confrontation de
personnes, pour demeurer dans le cadre strict des idées.
Le point de vu du président Ahmed Sekou Touré de
la Guinée est très expressif en la matière,
lui qui parlait déjà en ces termes en 1963 au sommet
d'Addis-abeba : " l'unité africaine ne se fera ni
autour d'un homme, ni autour d'une nation, ni autour d'une religion
". Cela, pour signifier que l'unité africaine est
au dessus de tout intérêt partisan.
Mis à part ce qui précède,
certaines thèses soutiennent que l'union africaine est
une utopie. Les défenseurs de cette thèse de l'utopie
trouvent comme justification à leur pensée la situation
quasi apocalyptique qui sévie sur le continent. A y voir
de près, l'Afrique actuelle semble engagée dans
un processus de déliquescence inqualifiable. Une telle
donne, n'est pas de nature à faciliter la conception et
la concrétisation d'un projet porteur d'avenir. Dans cette
atmosphère où tout est prioritaire, les projections
sur le futur tendent à prendre l'allure d'une aberration.
Pourtant, c'est justement à cause de cela que l'union doit
être recherchée avec diligence, afin de tirer l'Afrique
du débâcle vers lequel elle est engagée.
Une autre école signale la nécessité
d'aller par étape, au risque d'échouer en hâtant
le pas. Cette idée serait noble, si ses géniteurs
se montraient plus pragmatique à travers la proposition
de solutions adéquates. Mais, les prophètes de cette
thèse des étapes se retrouvent le plus souvent ;
ou sans argument ou à débiter une suite d'idées
décousues, lorsqu'on leur pose la question de savoir comment
atteindre l'union par les étapes. Peut être par simple
amour de la contradiction ou par soif de dialectique scolastique,
ces exégètes de l'ombre se surprennent à
apporter systématiquement la contradiction à toute
idée qui n'est pas la leur. Il en va ainsi de l'idée
de l'union africaine qui n'a de cesse constituée le plat
de résistance de ces pessimistes actifs. S'il est vrai
que toute entreprise qui œuvre pour la réussite, doit
aller doucement, il est aussi vrai que le projet de l'union africaine
a déjà épuisé son quota de patience.
Pourtant, ils sont encore nombreux les observateurs même
africains qui pensent que l'on devra encore mettre du temps. Sinon,
emprunter l'exemple de l'Europe qui a mis des décennies
pour son union. Alors qu'il ne faut pas confondre les années
passées à réunir les conditions favorables
à l'union et l'union proprement dite. Pour l'Afrique, ces
conditions sont déjà réunies ; elles vont
de la pauvreté à la pression de la globalisation
en passant par le problème causé par sa démographique
galopante..
Enfin l'urgence de l'heure interpelle les Africains
à se départir des vieilles querelles de clochers
et autres oppositions pour entrevoir la destinée de leur
terre commune sous de meilleurs auspices. Il appartient à
chacun d'apporter sa contribution qui qu'il soit, à quelle
que niveau qu'il soit. C'est seulement a ce prix que la nouvelle
Afrique jaillira de terre. La Jeunesse Unie pour une Nouvelle
Afrique ( J.U.N.A.) compte œuvrer dans ce sens avec votre
appui à tous. L'échec des pionniers devra nous servir
comme éclairage pour la réussite. Vu l'importance
du projet, tout risque d'échec est à éviter,
car il y va de la survie de l'Afrique.
PRESENTATION GENERALE
Evariste BATIONO - Etudiant en Arts et
Communication
COMMISSION DE REDACTION
Youmani Jérôme LANKOANDE - Président
de la commission de rédaction -
Etudiant en Sciences Economiques
Evariste BATIONO - membre de la commission
de rédaction - Etudiant en Arts et Communication
Oumarou SAVADOGO - membre de la commission
de rédaction - Etudiant en Sociologie
Francis NOALI - membre de la commission
de rédaction - Etudiant en Histoire et Archéologie
Nous tenons à remercier tous ceux qui ont permis
à ce document de voir le jour ; M. les autorités
de l'Université de Ouagadougou ; Pr. IBRIGA
Notre adresse : JUNA / 03 BP 7021 UO (BF) Email : juna_ouaga@yahoo.fr