MANIFESTE

LANCEMENT DES ACTVTES 2004-2005
Le 04 Décembre 2004
JUNA Ouaga

COMMEMORATION DU 4ème ANNIVERSAIRE JUNA OUAGA
Du 18 au 19 Décembre 2004
JUNA Ouaga

NUIT DE MARACANA DE LA SOLIDARITE
Le 19 Février 2005
JUNA Ouaga

Les détails ici sur l'Agenda

AVANT – PROPOS

Ce manifeste s'adresse à tous les militants et sympathisants de la Jeunesse Unie pour une Nouvelle Afrique (JUNA). Il a été conçu pour servir de référence à tous les militants dans leur lutte quotidienne pour l'avènement d'une nouvelle Afrique. Ce document s'adresse aussi aux partenaires de l'association qui aimeraient mieux la soutenir sur la base de ses courants idéologiques et de ses textes statutaires.

Il est grand temps que l'Afrique annonce les couleurs d'une jeunesse de plus en plus éperonnée par l'idéologie panafricaniste et expose à la face du monde entier ses aspirations et ses aspirations pour le mieux être de ses populations.

C'est à cette fin que des étudiants et élèves de diverses nationalités se sont réunis à l'université de Ouagadougou et ont rédigé ce présent Manifeste.

Quant aux défauts que le lecteur ne manquera de trouver et les suggestions qu'il voudra bien nous communiquer, la JUNA aura le plaisir d'en tenir compte dans la prochaine version du Manifeste

Youmani Jérôme LANKOANDE

A - UN MONDE EN PLEINE MUTATION

Le Premier novembre 1989 marque dans l'histoire contemporaine, la chute du mur de Berlin, symbole, jadis vivant d'un monde divisé en deux blocs antagonistes. Cet événement consacre la fin d'une époque jalonnée de conflits et de crises multiformes, ayant opposé les deux grandes puissances qu'étaient les Etats-Unis d'une part et l'Union Soviétique d'autre part. Pourtant, si cette date se révèle comme étant la fin d'une période trouble avec la cessation de la guerre froide, elle inaugure du même coup le début d'un avenir plus incertain pour l'ensemble de la planète. Car les confrontations entre les deux super-puissances, mêmes néfastes, avaient fini par instaurer entre elles, une sorte de paix des braves voire un équilibre dans la gestion des affaires planétaires. Cependant, l'effondrement de l'Union Soviétique laisse désormais les Etats-Unis seuls décideurs des questions internationales. C'est ainsi, qu'à la culture de l'international communisme se substitue celle de l'international capitalisme.

De ce fait, la démocratie libérale se trouve promue comme système de gouvernance idéal à l'échelle du monde. En témoigne pour l'Afrique le sommet franco-africain de la Baule en 1990, où l'ouverture démocratique a été posée aux responsables africains, comme critère essentiel de l'aide au développement. Désormais, la suprématie américaine s'étale de tout son long. Elle se manifeste à travers une nouvelle forme d'impérialisme, un appétit démesuré de la domination du monde sur tous les plans. Pour toute explication, le rêve suranné de gouvernance mondiale à l'américaine n'est pas totalement à occulter. Alors, il n'en fallait pas plus pour entraîner le globe dans une mutation profonde, dans tous les domaines.

Sur le plan économique, la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1995 avec le projet de dérégulation de l'économie mondiale entraîne la naissance des concepts de mondialisation et de globalisation. De là, l'économie planétaire se trouve à la Merci des multinationales occidentales dont la plupart sont basées aux Etats-Unis. Cette nouvelle donne commerciale accroît la prospérité des nations riches et maintien du même coup les pays en voie de développement dans un processus d'arriération sans nom. La plupart des pays africains sont soumis à un Programme d'Ajustement Structurel (PAS) qui leur a été infligé par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale. De même, au niveau individuel, l'écart entre riche et pauvre se fait abyssal. Ces changements constatés sur le plan économique ne pouvaient que déteindre nécessairement sur les autres secteurs de la vie sociale.

Au niveau culturel, la culture américaine fait figure de privilégiée et se repend rapidement sur toute la planète. Les principaux outils de cette culture à propension mondiale sont essentiellement les films hollywoodiens qui occupent 70 % des écrans du monde. Il y a aussi les maisons de disques et autres magasins de création de la mode qui utilisent le canal des médias pour vulgariser leurs nouvelles trouvailles. Aujourd'hui à n'importe quel endroit du monde, le " américan way of life " tend à devenir une norme standard. Par conséquent, le culte de " l'argent dieu " a fini par bouleverser les anciennes attitudes. Où que l'on soit actuellement, seuls les intérêts font et défont les rapports interpersonnels. L'expansion de la corruption s'explique en partie par cette capitalisation du monde. En somme, la culture capitaliste de la recherche du profit maximum a aujourd'hui conquis tous les esprits.

Pour ce qui est de l'environnement, il présente un bilan alarmant. La planète terre est actuellement sujette à la pollution qui a des effets néfastes sur la couche d'ozone. Cette destruction de l'ozone atmosphérique a pour conséquence immédiate l'effet de serre qui menace de plus belle la terre de réchauffement. Ce réchauffement a pour corollaire la multiplicité des catastrophes naturelles qui produisent des sinistres de part le monde.

Dans ce monde qui court inéluctablement à sa perte, il convient plus que jamais d'aider l'homme à retrouver ce qu'il a perdu de plus cher : l'humanité . C'est aussi, cela réconcilier l'humanité d'avec elle-même. La réussite de cette entreprise passe par une culture de la tolérance, du partage et une réhabilitation de l'individu victime de lui-même.

B - UN MONDE DES MEDIAS.

De nos jours, les médias sont devenus une force incontournable. Ce pouvoir qui leur était longtemps reconnu tend à s'intensifier de plus en plus. Cela se perçoit à travers l'émergence des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC). L'usage de ces outils de pointe en matière d'échange d'informations dans le monde, achève la construction, du " village planétaire ", une prévision taxée au départ de chimérique. Grâce à ces innovations technologiques, les distances et les temps mis pour les parcourir sont raccourcis. Ainsi, naît une nouvelle approche, un nouveau rapport de l'homme d'avec le concept d'espace - temps. Cet état de fait ne pouvait que conférer aux moyens de diffusion intensive d'informations, un prestige inébranlable. Illuminé par les exploits de ce pouvoir incommensurable des médias, certains exégètes de la communication n'hésitent plus à bouleverser la hiérarchie des pouvoirs établit, par la classique philosophie politique. L'emprise des médias est telle qu'aujourd'hui, on parle d'une société des médias, d'un environnement ou règne la " médiacratie ". François Henri De Virieu a essayé de révéler, cette propension au pouvoir absolu des médias dans une œuvre qu'il a du reste intitulé : " la médiacratie ". Comme toute nouveauté, ce pouvoir accru des moyens de diffusion intensive d'information ne pouvait passer inaperçue. Il est le reflet d'une évolution tant positive que négative de la société. En effet, la révolution médiatique apporte une série de valeurs et de contre-valeurs. Avec elle, le milieu social connaît une transformation dans toutes ses composantes. Ainsi, l'instantanéité, l'exclusivité et la recherche effrénée du scoop qui sont des vertus, propres aux médias modernes, ont achevé de bâtir une société du sensationnel. Plus rien ne vaut plus que ce qui est spectaculaire, ce qui dévoile la face cachée de l'intimité au grand jour. En guise d'exemple, il faut citer la floraison dans les chaînes occidentales de la télé réalité, à travers des émissions comme " Loft story " et autres incitations à " l'orgasme cosmique ".

Cette recrudescence du prestige des médias nous l'avons déjà souligné, tend à leur décerner un pouvoir difficile à appréhender de par son ampleur. La manifestation réelle des conséquences négatives de cette révolution médiatique est que de toute son histoire, le monde n'a été aussi inondé de mensonges et de subterfuges de tout acabit. Cela s'explique par la médiatisation excessive des évènements, ce qui donne à la vérité un sens jusque là insoupçonné. Désormais, est vrai, ce qui se donne à voir, ce qui est connu officiellement. Toute chose qui existe en dehors de cette logique ne compte pas. On peut ainsi tout se permettre, à condition de pouvoir tout dissimuler, par une vérité officielle. L'exemple, des nations qui condamnent en grande pompe les actes privatifs de libertés et de droits, et qui sont les premières à soutenir en sourdine l'implantation des régimes dictatoriaux est révélateur, d'un certain état d'esprit.

Du côté de l'Afrique, le mal est encore plus pernicieux, car le continent se retrouve encore au début du troisième millénaire à jouer les quartiers périphériques du Nouvel Ordre Mondial de l'Information et de la Communication (NOMIC) (2). Cette révolution remarquable fini de confirmer l'exclusion du continent africain et sa mise en quarantaine. Ne possédant pas les moyens de mener à bien une réelle politique d'information, l'Afrique est submergée par les nouvelles provenant des chaînes du Nord . Toute chose qui n'est pas de nature à favoriser un réel épanouissement du continent. Il est pour cela lancé dans un processus de domination culturelle, aux issues incertaines. Cette domination culturelle par le biais des médias n'est qu'un des volets explicatifs de l'arriération de cette terre africaine jadis prospère. Cette arriération dont sont victimes les Africains leur impose le devoir de plancher sur l'avenir d'un autre monde qu'il convient d'appeler l' Afrique.

C - UN AUTRE MONDE : l'AFRIQUE.

Dans cet univers emballé dans un processus de mutations sans pareil, l'Afrique donne l'impression de faire du sur place. Ce constat fait du continent africain se confirme à travers le pesant retard par lequel il brille ces dernières années. En somme, le continent s'identifie de plus en plus, par un cuisant retard dans beaucoup de domaines.

Les explications de ce marasme africain sont à rechercher plus loin que le simple d'esprit ne le croit. D'une part, le passé tumultueux de cette terre prospère à ses instants, n'est pas à ignorer. En vérité, aux antipodes du contact avec l'occident, le continent noir connaissait une prospérité incommensurable qui a marqué plus d'un voyageur. Les récits des historiens arabes que sont Ibn Kaldoun et Ibn Battuta sont révélateurs de cette époque. Aussi, la présence d'entités politiques puissantes superbement riches et régies suivant des règles de gouvernance structurelles avait été signalée. En guise d'illustration on peut citer : l'empire Sonraï , l'empire Manding sous Kankan Moussa , les royaumes Mossi de Ouagadougou et l'empire du Ghana sous Kaya Magan CISSE. Par contre, sitôt l'amorce des rapports avec l'occident, l'étoile du continent africain cessera de pâlir. L'Afrique sera ainsi soumise à des atrocités divers dont : la traite négrière, la colonisation et leurs cortèges de maux. Une appréhension historique des évènements nous signale que le moyen âge européen prend fin au XVème siècle avec la découverte de l'Amérique ; C'est aussi en ce moment précis que commence celui de l'Afrique dont l'âge des métaux et plus particulièrement du fer est antérieur à celui de beaucoup de peuples européens. Tout s'est donc passé comme si en voulant sortir de sa misère, l'Europe s'est faite malignement remplacer par l'Afrique, en lui déchargeant son fardeau sur le dos. La conséquence logique de ce tour de crabe européen est que l'Afrique qui a civilisé le monde, est aujourd'hui le refuge des damnés de la terre (Frantz Fanon). L'avenir pourrait être envisagé sous de meilleurs auspices, si la nuisance du néocolonialisme ne se manifestait pas avec perversité. En vérité, l'Afrique actuelle est le théâtre d'une multitude de combats fratricides, dont elle ignore les tenants et les aboutissants réels. Ces conflits pour la plupart inspirés de l'extérieur, portent la marque des mains expertes qui ont décidé de bâtir leur fortune sur la désunion des Africains. Divers mécanismes de développement concoctés par ces dernières s'avèrent être des méthodes savantes d'expropriation ou de domination. Ces manifestations du néocolonialisme se perçoivent surtout à travers les rapports de coopération. La sociologie du développement a pu répertorier les éléments essentiels de cette relation de dominants à dominés dans un registre appelé : la théorie de la domination. Celle-ci s'exprime dans le commerce . Les pays africains produisent à grand renfort des matières premières dont les prix sont fixés par les marchés du Nord. Cette domination se manifeste également dans le domaine financier dans lequel, les économies dominants jouent un rôle déterminant dans la stabilité des monnaies africaines. Nous avons pour preuve l'exemple du Franc CFA dont la parité dépend de Paris. S'ajoutent à ces dernières, la domination par les revenues et celle culturelle. Une telle situation d'ensemble apporte une réponse méritée au désastreux bilan général que présente le continent.

Sur le plan économique, les pays africains présentent pour la plupart une balance commerciale déficitaire. Les exportations commerciales de ces derniers se limitent aux matières premières qui sont transformées par les industries du Nord et revendues aux africains. L'explication la plus plausible de cette réalité économique est que l'Afrique connaît une industrialisation encore embryonnaire. Pourtant, avec les crises diverses qui touchent le continent, cette industrie semble perdre tout espoir d'émergence. Cela se remarque par la fermeture un peu partout des unités industrielles qui déversent dans la rue des cohortes de salariés. Ce calamiteux bilan économique influence inévitablement celui social. Le mal être économique que connaît l'Afrique a pour conséquence directe, un mal être social. On peut la pressentir à travers la recrudescence des maux sociaux dont les plus manifestes sont : le banditisme, la criminalité, la prostitution, la drogue, l'alcoolisme... Ainsi, il n'existe plus de temps pour la réflexion et la quête des idées constructives. Le besoin aidant, chacun s'occupe de la recherche de sa pitance quotidienne. D'autre part, un rapide diagnostic au niveau sanitaire, montre un continent en proie aux épidémies et endémies meurtrières. En ce début du troisième millénaire, le fulgurant progrès constaté dans les sciences médicales reste étrange à l'Afrique. En effet, le choléra, la méningite, le paludisme et d'autres maladies continuent de compter leurs victimes par millions. Sur un total de trente quatre millions de séropositifs dans le monde, l'Afrique s'en sort à elle seule avec près de vingt trois millions. Aussi, la malnutrition et la difficulté d'accès à l'eau potable pour la majeure partie des populations, sont à placer à l'affiche de ce malheureux tableau sanitaire. En outre, l'Afrique possède un environnement qui, à l'instar de celui mondial, se dégrade de plus en plus. Cette dégradation environnementale est facilitée par les mauvaises actions des africains eux mêmes. A titre d'illustrations, on constate une coupe abusive des bois destinés, soit au chauffage domestique, soit à l'usage industriel. Le fléau de la désertification est l'inconvénient majeur de ces actions humaines sur l'environnement. En plus de cela, la pollution est devenue aujourd'hui une réalité en Afrique. Celle-ci émane essentiellement des nouvelles habitudes de consommation. N'ayant pas les moyens de se procurer des produits de luxe, le continent est devenu au fil du temps un dépotoir pour les produits usés du Nord (véhicules d'occasion, réfrigérateurs...). Mis à part ce fait, l'Afrique sert parfois de poubelles aux industries occidentales moyennant de l'argent.

Politiquement, l'Afrique ploie encore sous la lourde charge de son passé colonial. Ce dernier a contribué à ériger entre les peuples historiquement liés , des barrières artificielles créant ainsi , une cinquantaine d'états aux intérêts divergents. Cet état de fait a instauré une sorte d'exclusion mutuelle qui annihile tout effort de développement solidaire. Cette absence de synergie dès le départ a porté un grand coup à l'évolution du continent, depuis les indépendances nominales des années 60. Le contraire pourrait être envisagé, si le processus de cissiparisation ne continuait pas de plus belle. La preuve marquante de ce malheur africain est la multiplication des foyers de tensions. En ces moments, l'Afrique est animée par des conflits politiques et des guerres civiles multiples. Au nombre de ces conflits on peut citer l'embrasement général de la région des grands lacs, depuis la chute du régime Mobutu. A cela, il faut ajouter le conflit angolais qui dure plus d'un quart de siècle, sans oublier les guerres algériennes, sierra-léonaises et libériennes. Malgré l'enracinement du système de gouvernance démocratique dans la plupart des pays du continent, à la suite du sommet de la Baule, les dictatures ont encore la vie dure. Dans certaines localités, toute idée d'alternance semble être compromise. Cela, parce qu'il existe encore des individus qui se positionnent en messie pour leur pays.

D'une manière générale, le continent africain est aculé de toute part par des maux qui freinent son épanouissement véritable. Dans une telle situation d'ensemble, il n'y a que la solidarité qui vaille. Cette dernière devra s'exprimer à travers la naissance d'une union sincère qui se manifestera par un désir profond de mise en commun des forces disparates de l'Afrique. Sinon, le futur devenir du continent serait difficilement envisageable.

B - L'UNION AFRICAINE: l'impérieuse nécessité pour sauver l'Africain

Comme nous l'avons précédemment souligné, une approche événementielle de l'histoire, nous permet de soutenir que l'Afrique n'a pas encore quittée le moyen âge. Cette période de l'histoire européenne se particularise par son caractère miséreux. Elle s'illustre comme l'étape la plus sombre de l'histoire européenne. Au regard de la situation apocalyptique dans laquelle baigne l'Afrique, la nécessité d'une renaissance se fait plus que jamais sentir. Dans un contexte mondial marqué par la globalisation, la réussite de cette entreprise passe inévitablement par une mise en commun de différentes forces africaines. Cette synergie devra s'opérer sans réserve et sur initiative de tout africain consciencieux et soucieux de son propre devenir. La situation présente de l'Afrique lui laisse une seule alternative : opposer une résistance de taille aux maux qui la menacent.

La constitution de cette force n'est possible qu'à travers une union des différents pays du continent. C'est p quoi la réactualisation du projet de l'union africaine devra être considéré comme un acte salvateur. En fait ce vieux projet qui a existé depuis la création de l'O.U.A. a été redynamisé le 9 septembre 1999 au sommet de Syrte en Libye, sous l'égide du colonel Muammar Kadafi. Si 40 ans après les indépendances, l'Afrique éprouve le besoin de s'unir c'est dire que l'expérience des évolutions solitaires n'a pas payé. En vérité la concrétisation du projet de l'union marquera le début d'une nouvelle ère pour l'Afrique que les Africains recherchent en ce moment par tous les moyens. Car une Afrique unie sous-entend une Afrique libérée de la misère et de ses multiples malaises. Aussi la réalisation de ce projet donnera de voir la naissance d'une entité très forte dans nombre de domaines. Ainsi commencera pour l'Afrique une réelle prospérité sur les plans politique, économique, social… L'Afrique pourra davantage affirmer son existence, en se positionnant comme un acteur incontournable dans les relations internationales. En somme, l'unité se révèle être la véritable panacée aux divers maux qui minent le continent. La réussite de cette entreprise d'envergure, nous l'avons déjà relevé, demande de la part de tout Africain un engagement citoyen. Pour cela les promoteurs de l'union ne doivent pas se laisser décourager dans leur élan par les thèses du scepticisme qui constituent un facteur entravant à l'atteinte de leurs objectifs. En effet si tôt le projet de l'union africaine rendu public, les chantres du scepticisme se sont diligemment investis avec toute la science qui est de leur ressort, à relever les obstacles qui peuvent l'entraver. C'est ainsi que plusieurs hypothèses ont été exposées, allant de la personnalité de ses artisans au caractère idéaliste, voir utopique du projet. Il nous revient dans ce manifeste de lever toute équivoque sur cette question. Comme nous le disions tantôt, au lieu de mesurer la pertinence de l'idée émise, on s'est attardé à fouiner sur la crédibilité de ses émetteurs. Au terme de ces analyses particulières, l'idée connu la même méfiance que celle développée à l'encontre de ses géniteurs. Cette attitude serait assimilable à la réaction d'un enfant qui s'occupe de regarder le doigt qui lui indique en lieu et place de l'objet indiqué. Admettre une idée ou la rejeter en ayant comme seul argument l'image de ses géniteurs, c'est faire preuve d'une inculture congénitale. Ce débat sur l'union africaine doit cesser d'être une confrontation de personnes, pour demeurer dans le cadre strict des idées. Le point de vu du président Ahmed Sekou Touré de la Guinée est très expressif en la matière, lui qui parlait déjà en ces termes en 1963 au sommet d'Addis-abeba : " l'unité africaine ne se fera ni autour d'un homme, ni autour d'une nation, ni autour d'une religion ". Cela, pour signifier que l'unité africaine est au dessus de tout intérêt partisan.

Mis à part ce qui précède, certaines thèses soutiennent que l'union africaine est une utopie. Les défenseurs de cette thèse de l'utopie trouvent comme justification à leur pensée la situation quasi apocalyptique qui sévie sur le continent. A y voir de près, l'Afrique actuelle semble engagée dans un processus de déliquescence inqualifiable. Une telle donne, n'est pas de nature à faciliter la conception et la concrétisation d'un projet porteur d'avenir. Dans cette atmosphère où tout est prioritaire, les projections sur le futur tendent à prendre l'allure d'une aberration. Pourtant, c'est justement à cause de cela que l'union doit être recherchée avec diligence, afin de tirer l'Afrique du débâcle vers lequel elle est engagée.

Une autre école signale la nécessité d'aller par étape, au risque d'échouer en hâtant le pas. Cette idée serait noble, si ses géniteurs se montraient plus pragmatique à travers la proposition de solutions adéquates. Mais, les prophètes de cette thèse des étapes se retrouvent le plus souvent ; ou sans argument ou à débiter une suite d'idées décousues, lorsqu'on leur pose la question de savoir comment atteindre l'union par les étapes. Peut être par simple amour de la contradiction ou par soif de dialectique scolastique, ces exégètes de l'ombre se surprennent à apporter systématiquement la contradiction à toute idée qui n'est pas la leur. Il en va ainsi de l'idée de l'union africaine qui n'a de cesse constituée le plat de résistance de ces pessimistes actifs. S'il est vrai que toute entreprise qui œuvre pour la réussite, doit aller doucement, il est aussi vrai que le projet de l'union africaine a déjà épuisé son quota de patience. Pourtant, ils sont encore nombreux les observateurs même africains qui pensent que l'on devra encore mettre du temps. Sinon, emprunter l'exemple de l'Europe qui a mis des décennies pour son union. Alors qu'il ne faut pas confondre les années passées à réunir les conditions favorables à l'union et l'union proprement dite. Pour l'Afrique, ces conditions sont déjà réunies ; elles vont de la pauvreté à la pression de la globalisation en passant par le problème causé par sa démographique galopante..

Enfin l'urgence de l'heure interpelle les Africains à se départir des vieilles querelles de clochers et autres oppositions pour entrevoir la destinée de leur terre commune sous de meilleurs auspices. Il appartient à chacun d'apporter sa contribution qui qu'il soit, à quelle que niveau qu'il soit. C'est seulement a ce prix que la nouvelle Afrique jaillira de terre. La Jeunesse Unie pour une Nouvelle Afrique ( J.U.N.A.) compte œuvrer dans ce sens avec votre appui à tous. L'échec des pionniers devra nous servir comme éclairage pour la réussite. Vu l'importance du projet, tout risque d'échec est à éviter, car il y va de la survie de l'Afrique.


PRESENTATION GENERALE

Evariste BATIONO - Etudiant en Arts et Communication

COMMISSION DE REDACTION

Youmani Jérôme LANKOANDE - Président de la commission de rédaction - Etudiant en Sciences Economiques

Evariste BATIONO - membre de la commission de rédaction - Etudiant en Arts et Communication

Oumarou SAVADOGO - membre de la commission de rédaction - Etudiant en Sociologie

Francis NOALI - membre de la commission de rédaction - Etudiant en Histoire et Archéologie


Nous tenons à remercier tous ceux qui ont permis à ce document de voir le jour ; M. les autorités de l'Université de Ouagadougou ; Pr. IBRIGA

Notre adresse : JUNA / 03 BP 7021 UO (BF) Email : juna_ouaga@yahoo.fr


 
 
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